Depuis quelques semaines, quelque chose dérange les partisans du Canadien. Kent Hughes ne bouge pas.

Le directeur général de Montréal a pourtant passé une bonne partie de l’été au centre des rumeurs. Un deuxième centre.

Un attaquant top-6. Des discussions avec différentes équipes. Des noms qui circulent, des scénarios qui apparaissent puis disparaissent presque aussi rapidement qu’ils sont arrivés.

Matthew Knies. Kirill Marchenko. Rickard Rakell. Bryan Rust. Dylan Larkin.

Puis soudainement… le silence.

Pour plusieurs équipes rivales, cette absence de mouvement pourrait être interprétée comme un problème.

Le Canadien n’aurait pas réussi à trouver son joueur.

Kent Hughes aurait peut-être frappé un mur.

Pourtant, plus le temps passe, plus une autre réalité commence à se dessiner.

Montréal n’est peut-être tout simplement pas pressé.

C’est probablement ce qui rend la situation beaucoup plus inquiétante pour les équipes qui espèrent profiter des besoins du Canadien.

Kent Hughes sait parfaitement ce qui manque à son alignement.

Le parcours des séries a laissé quelques réponses, mais aussi plusieurs questions.

Le CH possède une jeune équipe rapide, talentueuse et capable de rivaliser avec de très bonnes formations. Carolina a toutefois démontré que le talent seul ne suffisait pas encore.

Le Canadien doit continuer à grandir.

Arpon Basu, de The Athletic, a d’ailleurs résumé assez bien la position actuelle de l’organisation en analysant plusieurs joueurs qui pourraient éventuellement occuper un rôle dans le top-6.

Oliver Kapanen, Kirby Dach, Alex Newhook, Zachary Bolduc et même Alexandre Texier représentent différentes possibilités, sans qu’aucune ne puisse encore être considérée comme une réponse définitive.

La direction possède donc des options.

C’est précisément ce qui change complètement le rapport de force.

Un club désespéré d’obtenir un deuxième centre peut rapidement devenir vulnérable sur le marché des transactions.

Les autres directeurs généraux connaissent votre besoin et peuvent demander la lune. Un jeune espoir, un choix de première ronde, un autre morceau important… puis encore davantage, parce qu’ils savent que vous êtes coincé.

Kent Hughes refuse manifestement de fonctionner de cette façon.

Le dossier Oliver Kapanen illustre parfaitement cette philosophie.

Son nom a circulé dans plusieurs rumeurs au cours de l’été, notamment dans les discussions entourant Kirill Marchenko à Columbus. Montréal pourrait utiliser le jeune centre comme monnaie d’échange afin d’améliorer immédiatement son attaque.

Le problème est simple : pourquoi sacrifier un joueur de 22 ans qui pourrait éventuellement devenir lui-même une partie de la solution?

Kapanen sort d’une saison étrange.

Ses 22 buts ont attiré l’attention, particulièrement avec Ivan Demidov à ses côtés, mais ses statistiques avancées soulèvent de sérieuses interrogations.

Basu rappelle que le rendement collectif du Canadien avec Kapanen sur la glace à cinq contre cinq était préoccupant, même si l’œil nu racontait parfois une histoire différente.

Le jeune Finlandais a aussi vécu une fin de saison beaucoup plus difficile.

Son rôle a diminué et il s’est retrouvé dans les gradins pendant une partie importante des séries éliminatoires. Son énorme erreur en prolongation contre la Caroline, lorsqu’une rondelle mal maîtrisée a mené à une contre-attaque adverse, demeure également dans la mémoire des partisans.

Malgré tout, les équipes continuent de s’intéresser à lui.

Kent Hughes le sait.

Voilà pourquoi le Canadien n’a aucune raison de céder à la panique.

La patience peut devenir une arme redoutable dans une transaction.

Plus Hughes démontre qu’il est capable de commencer la saison avec son groupe actuel, moins les autres équipes peuvent utiliser son besoin de renfort contre lui.

Le Canadien possède des jeunes joueurs, des choix, de la profondeur et surtout une organisation qui n’est plus obligée de tout miser sur une seule décision.

Même l’arrivée de Derek Lalonde derrière le banc ajoute une nouvelle dimension.

Martin St. Louis entre dans une saison différente, avec de vraies attentes et une expérience des séries qui pourrait influencer sa manière de préparer son équipe.

Selon Basu, le défi n’est plus simplement de faire les séries. Le Canadien doit maintenant apprendre à utiliser la saison régulière pour se préparer à ce qui vient après.

Cette maturité ne s’achète pas nécessairement par une transaction.

Certaines équipes ont peut-être espéré voir Montréal paniquer après son élimination contre Carolina.

Voir Kent Hughes surpayer pour un gros nom. Voir un jeune actif important quitter l’organisation afin de régler immédiatement le problème du deuxième centre.

Jusqu’à maintenant, rien de tout ça ne s’est produit.

Le silence de Kent Hughes pourrait donc cacher une réalité beaucoup moins confortable pour ses rivaux : le Canadien est en position d’attendre.

Et lorsqu’un directeur général possède suffisamment de profondeur pour dire non, les négociations changent complètement.

Le prochain mouvement de Kent Hughes pourrait arriver demain, dans quelques mois ou ne jamais ressembler à ce que les rumeurs de l’été avaient annoncé.

Une chose est certaine…

Le silence n’est pas toujours un signe d’inaction.

Parfois, c’est simplement le bruit d’un directeur général qui refuse de se faire avoir.

À suivre…

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